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Mobilier funéraire d’Amponville - salle 7

Ces objets ont été trouvés fortuitement au cours de travaux agricoles à la fin du XIXe siècle. Ils proviennent de deux sépultures datées du deuxième âge du Fer (ou période de La Tène).

Une découverte ancienne

Photographie de divers objets funéraire (Amponville Seine-et-Marne)

L’ensemble du mobilier funéraire.
Cliché G. Puech

Cette découverte, effectuée en 1875 au lieu-dit Dine Chien, sur la commune d’Amponville en Seine-et-Marne, a été signalée, pour la première fois, par l’historien Edmond Doigneau dans son ouvrage sur Nemours publié en 1884. Deux sépultures en fosse, dont les squelettes n’ont pas été conservés, étaient recouvertes de dalles de pierres calcaires. Les défunts étaient inhumés en position allongée. Le matériel d’accompagnement comprenait une épée, une pointe de lance, un torque, deux bracelets, un anneau de cheville, trois petits anneaux de suspension, une fibule et six perles.

De l’épée, il ne reste que la lame en fer dont la longueur, soie comprise, est de 62 cm après restauration. La pointe de lance (long. 32 cm), également en fer, possède des rivets en bronze. Les autres objets métalliques sont en bronze. Le torque (13 cm de diamètre), très usé, est gravé de motifs d’ocelles et de triangles. L’anneau de cheville (9 cm de diamètre) et les bracelets (6 à 6,5 cm de diamètre) sont constitués d’un jonc massif de section ronde. La fibule est réalisée en fil de bronze. Cinq perles rondes sont en pâte de verre bleu cobalt ; l’une d’elles est incrustée d’ocelles blanches. La sixième perle, plate et de forme quadrangulaire, est en pierre noire.

Les effets personnels de défunts au statut privilégié

Les perles.

Cliché G. Puech

Bien que la description de cette découverte fait état d’une seule tombe, il est très probable qu’il s’agissait de deux tombes indépendantes qui se sont recoupées.

Les objets correspondent à des effets personnels. L’épée et la lance, datées de la fin du IVe ou du début du IIIe siècle avant J.-C., sont typiques de la panoplie d’un guerrier gaulois. Les parures, plus anciennes, sont attribuées au tout début du deuxième âge du Fer (fin du Ve siècle avant J.-C.). Elles accompagnaient le second défunt interprété comme étant celui d’une femme. La forme et le décor du torque sont spécifiques d’une région précise – le territoire des Sénons - qui recouvre une partie de la Seine-et-Marne, de l’Yonne et du Loiret. On en retrouve dans de nombreuses sépultures féminines datées de la même période. Cet objet semble constituer un véritable emblème identitaire.

Armes et parures traduisent ici le statut privilégié des deux défunts au sein de leur communauté.

Bibliographie

Pompée J.-C. - La sépulture gauloise de Dine Chien à Amponville - 77. Bull. de la Soc. Archéol. de la Région de Puiseaux, n° 1, 1972, p. 94-101.